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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 14:17

 

                                                         Le fort du Mont Vaudois

Après avoir effectué des missions dans un maquis de Bourgogne, je me suis engagé dans l'armée Rhin et Danube et rapidement mon unité, le 35ème Régiment d'infanterie, a été engagée sur l'axe Dole, Besançon, Belfort, Colmar.

Après quelques engagements mineurs nous nous sommes retrouvés à Héricourt.

A proximité, au sommet d'une colline nommée le Mont Vaudois il y a un fort qui était occupé par l'ennemi. Le régiment a reçu la mission de l'attaquer, de l'enlever et de l'occuper.

Avec le grade d'Aspirant je commandais une section de 28 hommes. J'ai reçu l'ordre de progresser à l'aile droite du dispositif. Un blindé léger progressait avec nous. Il avait pour mission de se placer devant la porte du fort et de la détruire avec son canon pour permettre aux troupes d'assaut de s'y engouffrer.

La tactique était d'arriver au plus près du fort et quand la porte aurait été détruite  de l'investir.

Deux compagnies étaient engagées dans l'opération.

Elle fut précédée d'une forte préparation d'artillerie.

Gravir la colline fut fait sans difficultés et nous avons débouché sur un terre plein vide d'abri sauf quelques maisons en ruines sur la droite qui étaient heureusement dans mon axe de progression. Apparemment, le fort qui se trouvait à environ 300 mètres devant nous n'avait pas souffert des tirs de l'artillerie.

Le blindé roulait en tête.

J'ai fait progresser ma section en utilisant autant que possible le défilement des ruines.

Nous progressions lentement et rien ne se passait.

Quand nous sommes arrivés à moins de 50 mètres l'ennemi a déclenché un feu d'enfer les balles claquaient partout autour de nous. Nous avons riposté en tirant sur les ouvertures d’où tirait l'ennemi et un de mes hommes qui marchait près de moi est tombé.

(Il s'appelait Sepeaux). En raison de l'intensité et de la précision des tirs je n'ai pas pu lui porter secours. Peu après il y a eu une petite accalmie et en rampant je me suis approché de lui,  mais il avait été tué d'une balle en plein front.

J'ai rampé à nouveau vers un abri précaire et j'ai observé le déroulement de l'opération et particulièrement la progression du blindé. Je l'ai vu s'engager dans le passage muré qui menait à la porte du fort, puis, quelques minutes après, en ressortir en marche arrière. Je ne l'avais pas entendu tirer. J'ai appris plus tard qu'il n'avait pas pu tirer sur la porte parce que le passage tournait en un angle aigu qu'il ne pouvait pas franchir pour mettre la porte dans son champ de tir. Devant l'impossibilité d'investir le fort l'ordre de repli a été donné.

Le cœur gros nous avons abandonné le terrain sous les tirs ennemis en laissant nos compagnons tués.

De retour à notre base nous avons appris que l'attaque serait renouvelée le lendemain avec d'autres moyens: Nous serions appuyés par des chars mais ce sont des hommes à pied munis de bazookas qui feraient sauter la porte.

Le lendemain nous avons à nouveau gravi la colline et en vue du fort nous avons progressé par bonds ou en rampant. Un blindé était au centre du dispositif. Il se dirigeait en direction de la porte du fort avec le commando armé de bazookas à l'abri derrière lui.

Arrivé à 50 mètres nous nous attendions à un feu nourri. Il n'y en a pas eu. Nous avons poursuivi la progression jusqu'au pied du fort et le commando est entré dans le cheminement qui conduit à la porte. La porte n'était pas fermée. Nous sommes entrés dans le fort. Il était vide.

L'ennemi l'avait abandonné pendant la nuit.

Il y a peut-être un enseignement à tirer de cette aventure.

(Dédié à mon neveu David M.)  

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